"Venez mes amis,prenez place auprès de la cheminée,l'aubergiste nous apportera à boire dans quelsques instants" <regarde Dallsem qui en bave à l'avance>
"Je vous ai fait venir car je pense qu'il est grand temps pour moi de vous compter mon histoire et je vous remercie tous d'avoir pris sur votre temps afin d'accéder à ma demande" <sourit avec tendresse en regardant tous les amis de la Rose autour d'elle>
L'aubergiste arriva avec nombres de pichets aux saveurs différentes et les déposa sur la table.
Tout le monde savoura quelques gorgées en se délectant sauf Dallsem qui en était déjà à sa deuxième chope et alors qu'il allait s'en servir une troisième il s'étala de tout son long suite à un accroche pied de Melya. Notre gnome sortit déjà tout son arsenal d'armes prêt à riposter alors que Melya levant les mains s'écria :"Ce n'est pas moi Dallsem,non non c'est Maallya! Moi je suis la gentille ne l'oublie pas!"
"Moi mais je suis la douceur même jamais je ne ferais une telle chose!" riposta Maallya. Tout le monde s'esclaffa en coeur et afin de calmer les ardeurs bouillonnantes de notre ingénieur,Janda tendit une chope que Dallsem accepta avec joie bien sûr tout en grommelant sous ses moustaches.
La pièce reprit son apparence de calme alors que les flammes du feu dans la cheminée nous offraient leur plus beau ballet dansant.
"Comme vous le savez tous je me nomme Soleya. Maman m'a raconté que le jour de ma naissance fût un jour de grand vent. Fenêtres et portes ne cessaient de claquer alors qu'elle tentait douloureusement de me pousser vers ce monde. Au moment où enfin je me suis décidée à voir le jour,les fenêtres ont été soufflées pour laisser pénétrer un superbe rayon de soleil qui a envelopper toute la chambre d'une douce chaleur. S'est alors que maman qui me tenait dans ses bras a décidé de mon prénom :"Soleya,tu te nommeras Soleya".
Mon père était un valeureux guerrier et de ce fait souvent absent. Maman quand à elle baignait dans l'univers de la Magie et avait un compagnon qu'elle avait baptisé Furie,Furie car telle une furie il se ruait sur tout être qui lui voulait du mal.
Maman fût d'abord crainte,rejetée par les villageois du fait de la voie qu'elle avait embrassée mais au fil du temps ils virent que celle çi était au service du bien et ils en ont fait leur amie.
A ma naissance elle a décidée de faire une pause vis à vis de son enseignement pour entièrement se consacrer à la Couture et l'apprentissage de la Médecine afin de pouvoir m'élever.
Quand je fûs capable de marcher toute seule elle accepta que je l'accompagne lors de ses livraisons d'armures auprès d'autres Mages,c'est comme cela que j'ai été conquise assez tôt par l'Art de la Magie. <sourire>
Ma soeur vint au monde alors que j'approchais de ma sixième année. Ces six premières années avaient été bercées de douceur,de tendresse. Notre famille était loin d'être riche seulement mes parents possédaient leur petite chaumière où le feu chantait à coeur joie dans les moments les plus froids ; maman et Furie avaient toujours fait en sorte que la chasse soit assez fructueuse pour que la maisonnée sente bon les petits plats mijotés quand à mon père,lui,il nous envoyait régulièrement des colis quand il était au loin.
<boit une gorgée et repose son regard sur le feu crépitant>
Furie qui avait veillé sur moi pendant mes premières années allait désormais reporté cette bienveillance sur Anaïs,ma petite soeur,pendant que maman et moi étions sur les routes. <un soupir>
Je m'en souviens comme si c'était hier les amis.
"Soleya réveilles toi,il est temps mon enfant,il est grand temps de te lever si tu désires m'accompagner car la route est longue" m'avait dit maman
"Maman,ma petite maman tu m'aimes comment?
"Je t'aime gros comme le soleil ma Soleya"
C'était notre rituel du matin ... <un sourire>
Avant de nous mettre en route,comme à mon habitude,j'ai fais un gros calin à Furie et déposer un baiser sur le front d'Anaïs. Maman elle a donné ses consignes à Furie dans un langage que je ne comprendrais certainement jamais puis elle a serré Anaïs contre son coeur avant de la redéposer dans son berceau.
Nous devions traverser tout Westfall pour rejoindre ces contrées où le soleil ne brille jamais,là où l'odeur des vertes prairies laisse place à celle de la mort,de la pourriture.
Arrivées au pont,un homme est accourru vers nous criant:"A l'aide,je vous en supplie aidez mon fils,il se meurt là bas au loin"
Maman a tenté de le calmer en lui expliquant qu'elle connaissait l'art des soins et qu'elle pourrait l'aider mais que pour cela il devait se calmer et lui expliquer ce qui s'était produit.
"Nous n'avons pas le temps pour cela,je suis très vieux,fatigué et le peu de force qu'il me reste doit servir à vous emmener auprès de lui!" lui a t'il répondu
J'étais intriguée par cet individu,j'ai essayé de voir son visage,en vain,il le cachait sous une longue capuche. C'est alors que j'ai aperçu ses mains. Mon sang s'est glacé en découvrant que celles çi étaient celles d'un homme qui devait être aussi jeune que mes parents et non celles d'une vieille personne. Maman a porté à son tour son regard sur celles çi,elle a dû comprendre comme moi que tout cela ne présageait rien de bon.Elle s'est agenouillée à mes côtés,a pris mon visage entre ses mains tout en plogeant son regard dans le mien. A voix basse elle m'a ordonné de rebrousser chemin jusqu'à la maison une fois que leurs silhouettes auraient disparues de ma vue. Je me suis mise à trembler,je ne voulais pas laisser partir celle que j'aimais tant. Je me suis aggripée à sa robe. Elle m'a gifflée pour aussitôt me prendre dans ses bras et me murmurer à l'oreille :"Je t'aime mon enfant,je t'aime aussi gros que le soleil ne l'oublie jamais. Maintenant lache ma robe et fais ce que je t'ai dis" ... <une larme> ...
"Dépêchez vous voyons mon fils se meurt pendant que vous jacasser!" a vociféré l'individu
Maman m'a tourné le dos et est partie en courant à ses côtés. Leurs silhouettes allaient disparaître quand mes jambes,au lieu de se diriger vers notre chaumière,se sont mises à courrir dans leur direction. Les cadavres de loups,d'araignées m'ont guidés sur leur trace pour arriver à une ferme lugubre. J'ai à peine eu le temps de voir maman être rué de coups,ligoté,baillonné et jeté à l'arrière d'une charrette pour disparaître. J'allais me lancer à sa poursuite quand un voix féminine m'en a empêché.
"Qui es tu pour oser venir défier les Défias!" "Qui es tu pour oser venir sur leur territoire!"
Je me suis tournée vers cette voix,d'instinct mon bras s'est tendu dans sa direction pour en laisser jaillir une boule de feu. Elle en fût aussi surprise que moi et son hésitation me sauva la vie.
Je me suis mise à courrir,courrir aussi vite que mes jambes le pouvaient encore. Les larmes innondaient mon visage,la haine envahissait mon coeur... <une larme>
Arrivée à la chaumière j'entendis des hurlements,des villageois étaient attroupés devant notre porte sans oser en franchir le seuil. Mes pensées allaient à Anaïs,je me disais "Non pas elle,pas elle aussi!" Je me suis frayée un chemin au travers de la foule et en franchissant le porche j'ai aperçu Furie courrir dans tous les sens en poussant des cris de douleur. Mon regard s'est porté sur le berceau,Anaïs y était et en forme. J'ai compris que la peine qui affligeait Furie venait du fait qu'il avait du sentir maman en danger et qu'il avait été partagé entre abandonner ma petite soeur ou voler au secours de sa maîtresse. Quand il a réalisé que j'étais dans la pièce,il a accourut vers moi,chercher du regard maman et quand il a reporté ses yeux sur mon visage innondé de larmes et fatigué il s'est effondré en m'ouvrant ses bras. Je m'y suis blottie pour y pleurer encore et encore... <boit une gorgée>
J'ai dû finir par m'endormir tellement j'étais épuisée,n'oubliez pas que je n'avais que six ans ... A mon réveil,j'étais couché dans mon lit et une main me caressait les cheveux. Non pas celle de maman mais de papa. Je me suis jetée à son cou et nous sommes restés dans les bras l'un de l'autre de longues minutes. Je lui ai raconté le malheur qui s'était produit et mon père a apaisé ma crainte,celle que maman soit morte,en m'annonçant que si tel avait été le cas Furie ne serait plus de ce monde.
Les années qui ont suivis je les ai partagé entre mon apprentissage à la magie,l'éducation d'Anaïs,l'apprentissage du dépeçage,l'entretien de la chaumière comme me l'avait appris maman quand je l'aidais et l'apprentissage de la Couture afin de pouvoir reprendre sa clientèle.J'ai grandi vite,trop vite pour une enfant de six ans. <un soupir>
Mon père lui a passé le restant de sa vie a recherché celle qu'il chérissait et est mort de chagrin de n'avoir pû la retrouver avant que la vieillesse ne l'en empêche.
Anaïs,elle,est devenue Démoniste et parcourt désormais les chemins en compagnie de Furie. <un sourire>
Je ne désespère pas de retrouver un jour celle qui m'aimait gros comme le soleil ...
<long silence>
Désormais vous connaissez une partie de moi les amis ...